Où est passé le Kitunga Ya Wenze ?

Il y a un peu plus de trois ans, j’étais posté à mon balcon en train de humer l’air frais d’Elanga
(saison sèche). Alors que j’entrais dans l’appartement pour répondre à un appel, j’entendis un
monsieur crier à s’en rompre les cordes vocales : « KITUNGA YA WENZE YANGOO ELEEEKI ». Fait très inhabituel dans mon quartier.

Entendre quelqu’un crier Kitunga ya Wenze (panier de courses) me fit faire un prompt voyage vers le passé jusqu’à mon enfance. Enfant, ma mère, ma sœur et mes tantes se rendaient au Wenze (marché) équipées de leur Kitunga. Dans ce dernier, il y avait différents récipients pour contenir diverses denrées : l’huile de palme rouge (mafuta mbila), l’huile raffinée (mafuta huile), des sacs réutilisables pour s’approvisionner en riz, haricots, farine de manioc ou de maïs et d’autres contenant dont seules les femmes comprendraient l’utilité. De retour du wenze, leur Kitunga était bien plein de légumes, poissons, viandes, épices, etc. Poissons et viandes étaient emballés dans des papiers kaki durs qui ne laissaient pas dégouliner le sang. Dans leurs kitunga, il n’y avait pratiquement pas de sachet en plastique à USAGE UNIQUE. On pouvait en trouver, mais c’était une présence subtile.

Je suis nostalgique de ce temps où nos valeureuses mamans n’avaient nullement besoin de sachets en plastique pour faire leurs courses. Aujourd’hui, la plupart de nos mamans 2.0 ont perdu ces bonnes vieilles habitudes. Elles se rendent au wenze les mains bredouilles et en reviennent avec beaucoup de denrées alimentaires, TOUTES dans des sacs en plastique de dimensions variées (grande, petite, très grande et très petite) qui finiront leurs courses dans la Nature et avec les conséquences désastreuses que nous connaissons. Que s’est-il réellement passé ? Où est passé le Kitunga ya Wenze ? Pourquoi a-t-il disparu de nos cuisines ? Il nous faudrait renouer avec ces habitudes qui étaient bénéfiques tant à nous qu’à notre environnement. Évoluer c’est aussi garder les bonnes habitudes de consommation qui ont érigé notre culture.

En plus des sacs réutilisables que je trimbalais déjà dans mon sac de travail, j’avais acheté ce Kitunga ya Wenze a 5000fc, L’équivalent de plus ou moins 3$ a l’époque. Ce Kitunga est en plus beau et solide ; je suis sûr que ma première fille l’utilisera un jour.

A ceux et celles qui souhaitent voir leurs villes plus saines et durables, voici un moyen parmi tant d’autres d’apporter une contribution substantielle à la sauvegarde de nos cadres de vie.

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